Images de la ville


Si vous honorez ce blog de visites régulières, vous découvrirez vite que je porte une affection particulière pour ce quartier et son histoire, et ceci pour diverses raisons:
– Je parcours le boulevard Saint-Michel tous les jours, soit pour gagner le centre-ville, soit tout simplement pour acheter le bon pain croustillant de la Boulangerie des Plantes et mon quotidien habituel.
– J’y croise une population attachante par sa diversité, des groupes de retraités en grande discussion, des femmes de couleur aux vêtements éclatants et leurs beaux enfants soigneusement coiffés, et, malheureusement, beaucoup de SDF…
– Je m’intéresse à l’histoire de ce faubourg, et à celle de ses habitants, depuis ses origines en passant par l’épisode des « Perreyeux » employés dans les carrières voisines du Pigeon ou de Bouillou, et celui de l’ère « Bessonneau ».

Il ne reste guère de traces de l’ancien faubourg depuis la démolition de la totalité de cet ilôt misérable et insalubre dans les années 60, qui ont vu également la disparition des quartiers Saint-Sanson, Saint-Nicolas, Port-Ligny et République.

Tous les Angevins devraient aller voir la remarquable exposition de la salle Chemellier consacrée au centenaire du bureau municipal d’hygiène (2). Une iconographie remarquable permet de se faire une idée de l’état de ces quartiers avant le passage des engins de chantiers.
On ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine amertume en songeant que l’on raye aussi facilement, brutalement et définitivement les témoins du cadre de vie d’une population pauvre et laborieuse alors que l’on consacre d’importants budgets à la sauvegarde des témoins de la vie seigneuriale, bourgeoise et religieuse.
On peut concevoir qu’il était financièrement impossible de rénover et d’assainir de tels ilôts qui faisaient depuis longtemps la honte de notre ville! Mais je suis persuadé qu’il aurait été possible de conserver des secteurs témoins de cet habitat et de la vie sociale qu’ils abritaient! La vie troglodytique de nos campagnes a été mieux traitée !
Il ne reste que des cartes postales comme celle que vous voyez ci-dessus (que l’on peut dater approximativement, puisque le tram a gagné le boulevard Saint-Michel en 1896), où l’on montre invariablement la voie principale, car on occulte volontairement la misère des nombreuses « cours » intérieures, où les angevins craignaient de s’aventurer.
Les deux images qui suivent, prises dans les années 1950 et issues d’une mauvaise photocopie, illustrent bien mieux mon propos. J’aimerais trouver d’autres images tout aussi simples et émouvantes, mais elles sont si rares!(1)
Mon nouvel ami Yves Raimbault, diacre de Saint-Antoine, qui a connu le vieux Saint-Michel, m’en donne une terrible raison: « … Les gens qui vivaient là avaient tellement honte de leur misère… »

(1) Je n’ai pas encore fait de recherche minutieuse auprès des archives photographiques de la ville. Mais il me sera probablement difficile d’obtenir l’autorisation de publier ici les documents que je pourrais y découvir! J’espère que les visiteurs de ce blog m’aideront à trouver d’autres témoignages personnels (textes ou photographies) du vieux faubourg Saint-Michel.
(2) Elle se termine le 11 janvier 2009.

La lumière au bout d’un tunnel est toujours magique.
Il en est de même lorsqu’apparaît, au bout de l’ombre d’une rue ou d’une étroite venelle, un éclat de ville, comme isolé de son contexte habituel, mis en valeur par une lumière qui semble lui appartenir. Les lignes sont resserrées, concentrées, réunissant les époques dans l’évidence d’une seule et belle vérité urbaine. La ville livre alors à son lecteur attentif une parcelle de ses secrets.

En déambulant rue Saint-Laud, vous n’avez certainement pas manqué de lever les yeux vers les aguichantes sculptures qui ornent le remarquable immeuble « Art nouveau » à l’angle de la rue Claveau, tout près du cinéma « 400 Coups ».
Vous trouverez, dans le numéro de novembre de « Vivre à Angers », l’histoire de cet « Alcazar », racontée par Sylvain Bertoldi, Conservateur des Archives d’Angers.

L’occasion pour moi de souligner que le site Internet de la ville d’Angers (Voir le lien dans la colonne de droite de mon blog) est une véritable mine pour tous ceux qui recherchent des renseignements sur l’histoire de notre ville et sur son patrimoine.
N’hésitez pas à cliquer sur les rubriques « Découvrir Angers » en « Histoire » et « Patrimoine »! Vous y trouverez des réponses aux questions que vous vous posez sur les rues ou les quartiers de notre ville et bien d’autres documents proposés par Sylvain Bertoldi.
Vous pourrez également télécharger les anciens numéros de « Angers notre ville » malencontreusement jetés à la poubelle avec les publicités qui encombrent votre boîte aux lettres.

Un regret cependant… L’Atlas du Patrimoine, permettant de naviguer dans les rues et les immeubles répertoriés pour leur intérêt architectural et historique, ne permet actuellement l’accès qu’au seul « Angers extra-muros » ! L’ouverture à « Angers intra-muros » est annoncée, mais depuis si longtemps que l’on peut se demander si elle se réalisera un jour ?

Magie du miroir qui permet le télescopage des styles, des rythmes, des époques; qui permet aussi, ironiquement, de faire croire que l’art peut naître du hasard; qui pourrait faire croire au photographe qu’il est devenu un artiste, alors qu’il n’a jeté qu’un regard attentif sur la manifestation d’un phénomène physique.
Mais la beauté naît souvent du hasard, dans la nature comme dans les réalisations humaines. Il faut savoir en profiter dès qu’un moment de l’existence offre le répit nécessaire pour laisser l’ouïe, l’odorat ou le regard en état de réception maximale, et laisser alors passer l’émotion.

(façade de la Banque Populaire Atlantique, boulevard Foch )

Dans mon article « Il est des architectures… », j’ai eu des mots assez durs en évoquant celle du théâtre du Quai, ce qui a eu l’heur de déplaire à un(e) visiteur(se) dont on lira le billet dans les commentaires dudit article!
Me suis-je montré trop sévère? Il est vrai que ce vaisseau est impressionnant la nuit. Il est vrai aussi que le jour, sous certains angles flatteurs ( Voir la photo ci-dessous), on pourrait le trouver beau! Il n’en reste pas moins, à mon humble avis ( les internautes disent « amha ») que l’objet, vu du château, ou de profil, avec son inacceptable annexe supérieure, est laid ! Et il est regrettable que l’on n’ait pas imaginé une architecture plus originale dans ce site remarquable de notre ville!
Je regrette aussi que cette façade de verre ne reçoive pas plus souvent l’ornement des annonces de spectacles, (banderoles, calicots) ce qui la rendrait moins sévère!
Et puisque l’on évoque la belle image qu’il offre la nuit (les soirs de spectable uniquement), j’en profite pour dire que les petites lumières colorés qui ponctuent son mur sud me semblent parfaitement ridicules !… Ce n’est que mon avis…
Mais l’important n’est-il pas d’avoir désormais à notre disposition un lieu où il se passe des choses extraordinaires, où l’on peut vivre des moments magiques! Là, j’applaudis, sans réserve !

Rue Claveau (1), en contrebas du cinéma « Les 400 Coups », se termine la restauration de cette belle demeure XIXe siècle.
Ici jadis, (dans les années 70) officiait Madame Gay, professeur de piano et directrice d’un conservatoire privé de musique, le Conservatoire « Musica », dans lequel nous avions inscrit nos trois enfants. Un conservatoire plus qu’original, où étaient employés quelques jeunes musiciens peu confirmés chargés d’enseigner la pratique des instruments classiques, dont la guitare.
Le désordre y régnait, ainsi que l’odeur des nombreux chats qui couraient dans les couloirs et l’escalier.
En fin d’année, les élèves étaient présentés, devant des parents retenant leurs sourires, à un jury venu d’une contrée inconnue, présidé par Maître Emmanuel, assisté de deux pittoresques collaboratrices. Les élèves, quels que soient leurs mérites, repartaient tous avec de vives félicitations!
Souvenirs…

(1) Entre la rue Saint-Laud et la rue Bodinier.

Ce matin, il y avait les dernières couleurs d’automne, mais encore deux ou trois jours, et ce sera terminé pour les flamboiements. Il était temps que le soleil revienne, une dernière fois, illuminer l’or et le feu des arbres. Pas âme qui vive dans l’Arboretum en cette saison, et c’est presque tant mieux; le site convient à merveille au recueillement, surtout dans la grande allée qui ne souffre pas des bruits des boulevards alentour.
Nous reviendrons au printemps maintenant, lorsque le jardin botanique sera paré de ses nouvelles créations, et que les arbres auront reverdi.

L’Arboretum Gaston Allard, situé au sud de la Ville a été créé de 1863 à 1918 par ce grand botaniste angevin dont il porte le nom. Sur plus de sept hectares il présente ses collections de chênes, de conifères et d’arbustes. En son centre, autour du château, siège du département botanique du Muséum des sciences naturelles, s’organisent trois jardins à thèmes: les jardins des Ombrages, des Essais, des Cinq Sens.

Il ne faudra pas vous en étonner… J’adore découvrir les passages oubliés, les impasses inhospitalières, les couloirs sombres, les ruelles qui semblent appartenir à un autre temps. (1)
Pour un temps encore, avant leur disparition, ils m’offrent sur quelques dizaines ou centaines de mètres, une plongée dans le passé, un étrange espace où les bruits de la ville toute proche viennent se dissoudre…

Celui-ci a perdu son nom, car la plaque qui se trouvait encore à son débouché sur la rue de la Parcheminerie a disparu depuis peu, victime d’un collectionneur peut-être? Et je ne sais si la municipalité la remplacera dans ce vieux pâté de maisons à l’avenir incertain.

Je continuerai à parler de ces endroits parfois inquiétants, souvent plein de charme. J’en connais quelques-uns et j’espère que vous m’en signalerez d’autres. Ainsi pourra peut-être se constituer un petit guide des passages angevins?
Le passage des « Quatre-vents » (car c’est son nom!) s’ouvre donc rue Parcheminerie, près de son débouché sur la rue de la Poissonnerie, et se termine dans la rue Petite Romaine.

(1) Je suis né à Lyon, la ville des « traboules »…ça explique certaines choses!

…qui savent jouer avec la lumière, le ciel, les nuages. Qui savent se faire pardonner leur hardiesse et leur modernité parce qu’elles ont su offrir un miroir à tous ces éléments.
(Ce que n’a pas su faire le nouveau théâtre du Quai, lourd et simplement fonctionnel ! )
On peut admirer cet immeuble depuis le parvis de la Place Mitterand.

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