Architecture


Un Satan sarcastique et cornu, assisté de deux créatures particulièrement malicieuses, m’ont jeté un enchantement lorsque je suis passé devant cet immeuble du 29 rue Hoche, tout près de la place de la Visitation.


Le mascaron central du 29, rue Hoche

Comme beaucoup de passants, je n’avais jamais porté attention à ces masques tellement incorporés à l’architecture des « beaux quartiers » qu’on ne les remarque plus.

Aussitôt, frappé par l’originalité marquée de ce groupe et cédant à la pressante invitation qu’il venait de m’adresser, je me suis lancé dans la découverte du peuple méconnu des « mascarons » (1) angevins! Celà implique (et c’est un conseil que je vous donne en ces temps difficiles de gestation du tramway!) de marcher sur un trottoir en regardant les façades de l’autre côté de la rue, tout en évitant de tomber dans une excavation ou de trébucher sur un amas de gravats !


Les drôles de dames du 29 rue Hoche

En fait, ils ne sont pas si nombreux et plutôt concentrés près du centre « haussmannien » constitué par les immeubles entourant le carrefour Rameau.
Il me faudra donc, dans les prochains jours, les rechercher dans ces quartiers extra-muros, plus secrets, souvent méconnus et qui attendent notre visite.
Peut-être pourrez-vous m’aider dans cette tâche ? Mais attention ! Ne pas confondre les mascarons avec les sculptures spectaculaires qui ornent les façades de la rue Montauban ou le célèbre Alcazar ! Non, le mascaron, le vrai, n’est pas une représentation de la réalité, aussi séduisante soit-elle, comme les « filles » de l’Alcazar ou les vieillards libidineux de la rue Montauban ! Même si son exécution est devenue conventionnelle au fil des âges, le mascaron est là pour effrayer, veiller sur la maison qui lui est assignée, ou jeter des charmes comme celui dont j’ai été victime!
Je n’ai pas retrouvé, dans mes recherches, l’impression ressentie devant les mascarons de la rue Hoche. Probablement parce que l’artiste anonyme a créé là des personnages plus originaux, moins traditionnels que ceux des orgueilleux immeubles de la rue Voltaire ou de la rue de l’Aiguillerie; peut-être aussi parce que, placés moins haut sur la façade, ils nous sont plus proches… Peut-être aussi parce qu’ils sont intégrés dans une maison (2) particulièrement réussie avec l’utilisation élégante de la brique et ses belles proportions.


29, rue Hoche

Je continue, et vous aussi si le sujet vous intéresse, à chercher d’autres mascarons intéressants sur notre ville !

(1) Tout sur le mascaron: Définitions, autres mascarons d’Angers, liens vers d’autres documents intéressants, le livre de Christian Gatard: »Le peuple des têtes coupées » etc…: voir ICI
(2) L’atlas du patrimoine comporte une intéressante fiche consacrée à cette demeure: voir ICI Depuis la rédaction de cette fiche, la maison a fait l’objet d’une très bonne restauration; mais quel dommage de la voir enlaidie par les publicités de la pharmacie voisine!

La découverte du lanternon de la rue de l’Aubrière (voir article précédent !) m’incite à aller plus loin dans la découverte de ces sympathiques édifices qui coiffent certains de nos monuments !
Mais d’abord un rappel… Pour notre culture générale:
Wikipedia nous donne la définition suivante: « …Une petite lanterne, ou lanternon (ou lanterneau! ) est une tourelle ajourée, souvent garnie de colonnettes, surmontant un dôme éclairant un édifice par le haut. »
Le dictionnaire « Encarta » nous donne: « en architecture, petite tourelle percée d’ouvertures laissant pénétrer la lumière au sommet d’un dôme « . Et:  » en construction, ouverture généralement vitrée facilitant la pénétration de la lumière par un toit ou au-dessus d’un escalier. »
La fonction « éclairage » du lanternon est donc confirmée.
Dans ma chasse au lanternon, seuls celui de la rue de l’Aubrière et celui de la chapelle de la prison (Eh oui !) satisfont à ce critère.


Lanternon de la prison d’Angers (1853)

L’édifice qui coiffe le théâtre de la place du Ralliment, peut-il être classé dans cette catégorie ? J’en doute, étant donné l’existence de ces volets qui font résolument écran à tout rayonnement solaire !


Lanternon (?) du théâtre (1871)

Restent dans mon panier les lanternons qui coiffent les édifices majeurs que sont le beffroi de la cathédrale et le clocher de l’église de la Trinité. Les deux sont l’oeuvre de Jean Delespine (entre 1534 et 1540). J’avoue ma préférence pour celui de la Trinité, d’une grande élégance, et que nous pouvons redécouvrir après une magnifique restauration !
Il est cependant évident que la recherche de l’élégance dans ce type d’architecture de la Renaissance a relégué la fonction éclairage à une portion congrue !


Lanternon du beffroi de la cathédrale


Lanternon de l’église de la Trinité

N’hésitez pas à me signaler d’autres exemples de lanternons, je pourrai ainsi compléter utilement cet article !

Encore un théâtre ! Me direz-vous…
Je m’en explique: Il y a environ trois mois, pendant une de mes rares tentatives de classement de mes vieux clichés noir et blanc, je suis tombé en arrêt devant cette image, datée des années 70, où l’on découvre ce qui ressemble fort à un théâtre miniature, modeste imitation de l’ancien cirque-théâtre de la place Molière (1) et peut-être même de ce théâtre Auber de la rue Saint-Martin dont la courte existence est relatée dans la revue des Amis des Archives.(2)
Après quelques recherches (car j’avais tout oublié des circonstances de cette prise de vue !) j’ai retrouvé ce petit édifice grâce à l’altitude de son lanternon caractéristique que l’on peut apercevoir au-dessus d’un mur de schiste au bas de la rue de l’Aubrière.

La partie basse est maintenant cachée par un préau sans âme, au fond d’une cour asphaltée utilisée comme terrain de sport par le collège Saint-Martin tout proche.

Là encore, la vue prise par satellite de Google Earth nous permet de dégager son plan général: La salle octogonale et l’appendice de l’espace scénique (voir le cirque-théâtre), le tout au contact des locaux du Cercle Notre-Dame (boule de fort). On distingue en haut et à gauche le bâtiment à tourelles du presbytère de l’église Notre-Dame.
Grâce à l’amabilité des dirigeants du Cercle Notre-Dame, que je remercie vivement, j’ai pu effectuer avec eux une visite de ce qui fut (je me le suis fait confirmer) un théâtre paroissial, et je vous en fait profiter !

Sous le préau, le mur du théâtre est resté intact. L’écusson sculpté dans les pierres de tuffeau est toujours là ! On peut y lire, autour de l’écu central aux armes de la paroisse, l’inscription « Aimez-vous les uns les autres » ainsi que la date: 1895. En l’absence totale d’archives paroissiales le concernant (3), il est donc possible de dire que la construction de ce théâtre a précédé d’environ 9 ans ans la construction de l’église actuelle.

La porte franchie, on pénètre dans la salle qui l’on imaginait moins grande. Elle est actuellement utilisée comme salle de tennis de table par le collège Saint-Martin. On aperçoit au fond l’espace jadis occupé par la scène.
Cette salle ne présente pas d’intérêt particulier, mais l’attention est immédiatement attirée par le magnifique puits de lumière du lanternon, véritable bijou mis en valeur par une restauration récente, et qui remplit parfaitement sa fonction de source naturelle d’éclairage

L’ensemble constitué par ce magistral prisme de lumière et ses frêles colonnettes reposant sur les deux poutres principales est d’une élégance extrême.

On remarquera que la base de l’octogone s’inscrit dans un cadre de forme carrée, et les quatre triangles qui viennent compléter ce carré portent des peintures représentant des instruments de musique. Ils seraient, d’après mes guides, les seuls témoins du décor d’origine.

Si je devais trouver une justification à l’existence de ce blog, je prendrais comme exemple la possibilité qui m’a été donnée d’extraire ce petit lieu magique de son discret anonymat. J’espère donc faire d’autres découvertes de ce genre, avec l’aide attendue de mes lecteurs!

(1)Voir ICI la chronique historique de Sylvain Bertoldi
(2) Revue « Archives d’Anjou » N°10 – 2006 – page 94… Et comme j’aime bien faire de la publicité gratuite lorsque cette dernière est justifiée, je tiens à remercier le magasin « Hyper U » de Mûrs-Erigné qui met régulièrement et courageusement en rayon ( Régionalisme) les différents exemplaires de cette revue.
(3) Le Chanoine Antoine Ruais (Ancien conservateur des objets d’’art et d’’antiquité du Maine-et-Loire) vient de me le confirmer. Une recherche aux archives de l’Evêché pourra peut-être apporter ultérieurement quelques précisions sur l’origine et l’utilisation de ce théâtre.

Dans cette vieille rue du Commerce, qui reliait jadis la place des Halles au port Ayrault, se trouve le magasin « Myrtille », gigantesque temple du tissu, où professionnels et particuliers peuvent trouver la pièce qu’ils recherchent dans le domaine de l’ameublement ou de la confection. Même sans cette motivation, la visite de ce magasin s’impose, ne serait-ce que pour admirer le spectacle des rayonnages colorés étalés dans un dédale surprenant ménagé dans ce qui était jadis un garage automobile (Mercedes je crois ?). Et la surprise vous attend, lorsqu’après avoir parcouru plusieurs salles, vous débouchez dans une halle lumineuse, dont la structure très légère est soutenue par une élégante structure de bois et de métal.

Une restauration récente met en valeur cette structure peinte en rouge.

Tout autour de la halle, court une galerie qui donne à cet espace le caractère d’une salle de spectacle.
Le personnel, questionné, n’hésite pas à vous dire qu’il s’agit là d’un ancien théâtre, assertion confortée par le journal municipal « Vivre à Angers » (1) qui n’hésite pas non plus à écrire: « Rue du Commerce, aller au fond du magasin de tissus Myrtille construit dans un ancien théâtre! « .
Malheureusement, il semble qu’il n’en est rien, et les chercheurs du Service du Patrimoine n’y voient qu’un exemple d’architecture industrielle du début du XXe siècle.
Le fait que ce théâtre soit contigu au théâtre des Halles, celui qui a fait l’objet de mon article « L’adieu au théâtre », a pu contribuer à entrenir la confusion.(2)

(1) Vivre à Angers – 2006 – Angers insolite
(2)Si les lecteurs de ce blog sont détenteurs d’autres renseignements, qu’ils n’hésitent pas à me les communiquer !

Petite pause sur le front des promenades historico-sentimentales.
Je vous propose, en ce dimanche de février assombri par une épaisse couverture nuageuse, deux images d’une belle soirée d’automne. Elles ont la particularité d’avoir été prises à deux minutes d’intervalle autour de la place Mitterand.
Vous reconnaîtrez l’immeuble moderne que je vous avais déjà proposé dans les premières pages de ce blog et je confirme donc ce que j’en avais dit: Une structure qui sait se marier avec la lumière, le ciel, toutes les lumières, tous les ciels.
L’autre image bénéficie du même rayon de soleil et le restitue d’une autre façon.
La partition est la même, mais les instruments qui la jouent en font une interprétation différente. Tout est question de vibrations…

Ce n’est que la page d’accueil d’un article exceptionnellement long!
Je ne serai pas coutumier du fait, car un blog n’est pas conçu pour s’étaler ainsi sur un sujet… Je dois vous en donner la raison:
Elle aura bientôt 100 ans!
C’est l’église la plus cachée, la plus discrète et probablement la plus mystérieuse de notre ville. Malgré sa masse imposante d’ église du Nord (1), elle ne se découvre que furtivement entre les immeubles modernes qui l’entourent lorsqu’on parcourt les rues adjacentes, et même son étrange et terrible façade peut passer inaperçue depuis la rue Béranger, à l’arrière-plan d’un parvis arboré.
Il faut grimper les six étages d’un immeuble voisin, pour la voir apparaître « en majesté », avec ses belles alternances de pierres sombres et blanches et l’imposante cohorte de ses arcs-boutants.

Depuis longtemps j’avais envie d’en savoir plus sur l’origine de cette église et des circonstances qui l’ont privée de sa nef, remplacée par cette triste prothèse qui ferme le transept.
Puis enfin, mu par cette curiosité, je suis allé frapper à la porte du presbytère tout proche.
C’était il y a plus d’un mois… Depuis lors, j’ai fait deux rencontres:
Celle d’un diacre de cette paroisse, qui m’a aussitôt accordé sa confiance et son amitié. Avec lui nous avons parcouru les archives de la paroisse et son aide m’a été précieuse tout au long de mes recherches.
Puis celle de Léon Pineau, premier curé de Saint-Antoine, mort en 1930. La lecture du journal de ce prêtre ne nous a pas laissés indemnes… Une plongée inattendue, terriblement émouvante, dans la vie d’un prêtre pendant la courte période de 5 ans qui a couvert la construction et les premiers mois d’existence de l’église.

Je suis un catholique, non pratiquant, dont la foi s’est diluée au cours des ans. Mais j’ai gardé un profond respect pour ces hommes et ces femmes que la foi anime. J’ai trouvé dans les lignes soigneusement calligraphiées de l’abbé Pineau, une humanité tellement forte et réelle, que ma quête de la vérité sur le sens de cette lourde masse de pierre s’en est trouvé recentrée et justifiée.
Un blog est un espace peu adapté pour accueillir ne serait-ce qu’une partie de ce que j’ai appris sur la naissance de l’église Saint-Antoine. Mais cela me contraindra à la sobriété et à renvoyer souvent le lecteur sur la consultation des archives.

Enfin, je n’oublie pas que Saint-Antoine ne se réduit pas à une église, mais intègre toute une communauté de prêtres, laïcs et fidèles qui la font vivre depuis 1911 (2). J’espère donc que les faits rapportés et les réflexions personnelles que je publierai ici ne seront jamais de nature à offusquer cette communauté ou à troubler l’esprit qui l’anime.

Genèse et Réalisation de l’eglise Saint-Antoine… Cliquez ICI

(1) C’est ainsi que la décrit l’Atlas du Patrimoine
(2) Il est important de préciser que désormais Saint-Serge, Saint-Antoine et N.D. de la Miséricorde forment une seule et même paroisse sous la dénomination « Paroisse Saint-Antoine – Saint-Serge ».

Avec l’aimable permission de Monsieur Christophe de Guisti propriétaire du lieu, je suis allé, le 15 janvier 2009, en piétinant dans la boue, prendre quelques photos de ces murs de tuffeau meurtris par les siècles. Ils venaient de perdre la protection de leur toiture, en attendant de disparaître totalement pour laisser place à projet immobilier. Mais quelques jours plus tard, Monsieur de Guisti me confiait une série de belles photographies prises avant la disparition de la charpente, et je l’en remercie vivement!

Nous sommes au coeur de l’ancien quartier des halles, au bas de la place du même nom (Maintenant place Imbach), entre la rue du Commerce et le boulevard Carnot.

Il est difficile d’imaginer que ces murs ont accueilli, depuis le XVIe siècle, le jeu de paume dit « Le grand jeu des halles », puis, à partir de 1763, la « Salle de la Comédie », haut-lieu de l’activité théâtrale de notre ville jusqu’en 1825, année de l’inauguration du premier théâtre de la place du Ralliement.
Comme aujourd’hui, on y accédait par le fond de l’ Impasse de la Comédie (1).


La salle avant disparition de la charpente

L’historien Péan de la Tuilerie, vers 1778, écrivit: « … C’est une des salles de province très agréable et fort commode; elle a été peinte par le célèbre Dubois; le plafond en est superbe. » et dans ses « Chroniques historiques » (2), Sylvain Bertoldi nous conte ce que furent les plus brillantes heures de ce théâtre, mais aussi son lamentable état au début du XIXe siècle!

Le ciel était gris, l’air froid et humide, mais seul dans cet espace qui allait mourir définitivement, je croyais voir passer avec émotion des fantômes merveilleusement costumés…


l’entrée au fond de l’impasse de la Comédie

Si vous désirez en savoir un peu plus… Cliquez ICI

Important:
Pour la rédaction de cet article, j’ai emprunté une part infime du remarquable travail réalisé par l’équipe qui oeuvre au sein du service de l’ « Inventaire général du Patrimoine » . Ce service a déjà publié une base de données pour Angers « extra-muros » et est sur le point de le faire pour l’ensemble, bien plus important, du patrimoine d’ Angers « intra-muros ». Souhaitons que la municipalité comprenne l’intérêt de cette publication pour tous les amoureux de notre ville!

(1) Vous ne saviez pas que cette courte impasse, située au bas et à droite de la place Imbach, portait ce nom. Comme vous ne saviez pas que l’impasse située 50 mètres plus haut, portait le nom de l’Impasse Louet ! La municipalité ne faisant guère d’effort pour garder apparent le nom de ces vieilles ruelles!
(2) « La vie théâtrale à Angers – Acte I » (Vivre à Angers – octobre 1996)

La lumière au bout d’un tunnel est toujours magique.
Il en est de même lorsqu’apparaît, au bout de l’ombre d’une rue ou d’une étroite venelle, un éclat de ville, comme isolé de son contexte habituel, mis en valeur par une lumière qui semble lui appartenir. Les lignes sont resserrées, concentrées, réunissant les époques dans l’évidence d’une seule et belle vérité urbaine. La ville livre alors à son lecteur attentif une parcelle de ses secrets.

En déambulant rue Saint-Laud, vous n’avez certainement pas manqué de lever les yeux vers les aguichantes sculptures qui ornent le remarquable immeuble « Art nouveau » à l’angle de la rue Claveau, tout près du cinéma « 400 Coups ».
Vous trouverez, dans le numéro de novembre de « Vivre à Angers », l’histoire de cet « Alcazar », racontée par Sylvain Bertoldi, Conservateur des Archives d’Angers.

L’occasion pour moi de souligner que le site Internet de la ville d’Angers (Voir le lien dans la colonne de droite de mon blog) est une véritable mine pour tous ceux qui recherchent des renseignements sur l’histoire de notre ville et sur son patrimoine.
N’hésitez pas à cliquer sur les rubriques « Découvrir Angers » en « Histoire » et « Patrimoine »! Vous y trouverez des réponses aux questions que vous vous posez sur les rues ou les quartiers de notre ville et bien d’autres documents proposés par Sylvain Bertoldi.
Vous pourrez également télécharger les anciens numéros de « Angers notre ville » malencontreusement jetés à la poubelle avec les publicités qui encombrent votre boîte aux lettres.

Un regret cependant… L’Atlas du Patrimoine, permettant de naviguer dans les rues et les immeubles répertoriés pour leur intérêt architectural et historique, ne permet actuellement l’accès qu’au seul « Angers extra-muros » ! L’ouverture à « Angers intra-muros » est annoncée, mais depuis si longtemps que l’on peut se demander si elle se réalisera un jour ?

Magie du miroir qui permet le télescopage des styles, des rythmes, des époques; qui permet aussi, ironiquement, de faire croire que l’art peut naître du hasard; qui pourrait faire croire au photographe qu’il est devenu un artiste, alors qu’il n’a jeté qu’un regard attentif sur la manifestation d’un phénomène physique.
Mais la beauté naît souvent du hasard, dans la nature comme dans les réalisations humaines. Il faut savoir en profiter dès qu’un moment de l’existence offre le répit nécessaire pour laisser l’ouïe, l’odorat ou le regard en état de réception maximale, et laisser alors passer l’émotion.

(façade de la Banque Populaire Atlantique, boulevard Foch )

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