Cette grande fille, belle, élégante et racée, m’a donné la chair de poule hier soir, pour ce premier concert de la saison de l’ONPL.
Les « Nuits d’Eté » constituent l’un des plus beaux cycles de mélodies de toute l’histoire de la musique, et c’est toujours avec un peu d’appréhension que l’on se propose d’en découvrir une nouvelle interprétation.
Mais je fus vite rassuré… Véronique Gens a tout lâché hier soir, maîtrisant des « forte » éblouissants comme des « pianissimi » de rêve. Il y a, dans chacun de ces poèmes chantés, une incroyable diversité d’éclairages, de tensions, d’émotions !
J’aime la musique de Berlioz; mais il y a dans les « Nuits d’Eté » comme un condensé de son art… Et l’orchestre, dans une partition particulièrement inspirée, crée autour de la voix, sans jamais la couvrir, une atmosphère d’infinie délicatesse (Ah ! cette valse lente à la fin du « Spectre de la Rose » !) que l’ONPL, sous la direction de son nouveau chef, a parfaitement rendue.
Un grand moment…