Archive for décembre, 2008

Si vous honorez ce blog de visites régulières, vous découvrirez vite que je porte une affection particulière pour ce quartier et son histoire, et ceci pour diverses raisons:
– Je parcours le boulevard Saint-Michel tous les jours, soit pour gagner le centre-ville, soit tout simplement pour acheter le bon pain croustillant de la Boulangerie des Plantes et mon quotidien habituel.
– J’y croise une population attachante par sa diversité, des groupes de retraités en grande discussion, des femmes de couleur aux vêtements éclatants et leurs beaux enfants soigneusement coiffés, et, malheureusement, beaucoup de SDF…
– Je m’intéresse à l’histoire de ce faubourg, et à celle de ses habitants, depuis ses origines en passant par l’épisode des « Perreyeux » employés dans les carrières voisines du Pigeon ou de Bouillou, et celui de l’ère « Bessonneau ».

Il ne reste guère de traces de l’ancien faubourg depuis la démolition de la totalité de cet ilôt misérable et insalubre dans les années 60, qui ont vu également la disparition des quartiers Saint-Sanson, Saint-Nicolas, Port-Ligny et République.

Tous les Angevins devraient aller voir la remarquable exposition de la salle Chemellier consacrée au centenaire du bureau municipal d’hygiène (2). Une iconographie remarquable permet de se faire une idée de l’état de ces quartiers avant le passage des engins de chantiers.
On ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine amertume en songeant que l’on raye aussi facilement, brutalement et définitivement les témoins du cadre de vie d’une population pauvre et laborieuse alors que l’on consacre d’importants budgets à la sauvegarde des témoins de la vie seigneuriale, bourgeoise et religieuse.
On peut concevoir qu’il était financièrement impossible de rénover et d’assainir de tels ilôts qui faisaient depuis longtemps la honte de notre ville! Mais je suis persuadé qu’il aurait été possible de conserver des secteurs témoins de cet habitat et de la vie sociale qu’ils abritaient! La vie troglodytique de nos campagnes a été mieux traitée !
Il ne reste que des cartes postales comme celle que vous voyez ci-dessus (que l’on peut dater approximativement, puisque le tram a gagné le boulevard Saint-Michel en 1896), où l’on montre invariablement la voie principale, car on occulte volontairement la misère des nombreuses « cours » intérieures, où les angevins craignaient de s’aventurer.
Les deux images qui suivent, prises dans les années 1950 et issues d’une mauvaise photocopie, illustrent bien mieux mon propos. J’aimerais trouver d’autres images tout aussi simples et émouvantes, mais elles sont si rares!(1)
Mon nouvel ami Yves Raimbault, diacre de Saint-Antoine, qui a connu le vieux Saint-Michel, m’en donne une terrible raison: « … Les gens qui vivaient là avaient tellement honte de leur misère… »

(1) Je n’ai pas encore fait de recherche minutieuse auprès des archives photographiques de la ville. Mais il me sera probablement difficile d’obtenir l’autorisation de publier ici les documents que je pourrais y découvir! J’espère que les visiteurs de ce blog m’aideront à trouver d’autres témoignages personnels (textes ou photographies) du vieux faubourg Saint-Michel.
(2) Elle se termine le 11 janvier 2009.

Faire de la publicité sur ce blog? Jamais !
Mais je ne manquerai pas l’occasion de dire ce que je pense de certains commerces angevins!
Aujourd’hui je suis entré avec ma femme dans cette nouvelle boutique au 3 de la rue Saint Aubin. Elle s’appelle « La Petite Marchande » mais curieusement, vous y êtes accueilli par un grand gaillard sympathique dont la conversation vous retient sans aucune insistance lourdement commerciale.
Tout ici est charme simple et de bon goût dans un savant désordre et une lumière tout aussi savante.
En sortant, en cette soirée d’un dimanche froid et humide, nous avions l’impression d’avoir gardé un peu de cette lumière.

(Photos prises avec l’aimable autorisation du commerçant)

La lumière au bout d’un tunnel est toujours magique.
Il en est de même lorsqu’apparaît, au bout de l’ombre d’une rue ou d’une étroite venelle, un éclat de ville, comme isolé de son contexte habituel, mis en valeur par une lumière qui semble lui appartenir. Les lignes sont resserrées, concentrées, réunissant les époques dans l’évidence d’une seule et belle vérité urbaine. La ville livre alors à son lecteur attentif une parcelle de ses secrets.

Du bonheur… Voila ce que nous a apporté pendant trois jours le spectacle magnifique de cette jeunesse sportive dans l’ambiance chaleureuse de la piscine Jean Bouin.

 

 

Aurore Mongel, Amaury Leveaux, Coralie Balmy, Alain Bernard, Sophie de Ronchi, Hugues Duboscq, Laure Manaudou et les Autres ! Ils étaient tous là, bien réels, et bien loin souvent de l’image que nous donne la télévision. Des vedettes bien entendu, mais aussi la crème des jeunes générations qui sont dans leur sillage! Des corps à peine sortis de l’adolescence, mais déjà transformés par l’intense travail qu’ils s’imposent.

Dans ce petit espace autour d’un bassin de 25 m, l’ambiance était familiale, amicale, follement enthousiaste! Quelles images nous ont données ces corps se ruant dans des gerbes d’écume! Tout va tellement vite… On se souvient des pieds crispés sur les plots de départ, des interminables « coulées » pendant lesquelles on se demande où vont ressortir les corps, des bouches avides d’air dans le creux de la vague!

Et l’on oubliait le travail forcené que ces sportifs s’imposent pour ne garder que l’immense plaisir de les admirer « en gloire » !

Ah oui!… Une vingtaine de records de France et trois records du monde… Et si ce bassin était magique?

Quizz! A quelle nageuse appartient cette jolie grenouille ?

Même s’il est intéressé par ce curieux couloir qui s’ouvre au 48 de la rue Saint-Laud, le passant n’est guère enclin à s’y engager! Certes, la lumière du jour vient éclairer le fond de l’impasse auquel il donne accès, mais l’étroitesse du passage évoque la description des coupe-gorges de certains romans de Fantomas.

En descendre la légère pente, qui a bénéficié d’un pavage récent avec rigole centrale, nous fait pénétrer aussitôt dans le calme habituel de ces lieux qui conservent la mémoire de ce vieux quartier. Des ouvertures murées alternent avec des portes en bois, la plupart surmontées d’arcs de pierre de tuffeau. La base d’un mur, monstrueusement enflée, semble prête à crever et à répandre son contenu innommable!

Malgré l’atroce injure des installations électiques « volantes » et des tuyauteries d’écoulement des eaux, un charme subsiste ici, indéfinissable. Au-dessus de nous, un morceau de ciel parvient à éclairer quelques fenêtres ouvertes sur un espace que les évolutions architecturales de la rue Saint Laud ont épargné.

(Le dictionnaire des rues de la ville d’Angers nous apprend que le terme de « Peronnelles » désignait les prostituées qui vendaient ici leurs charmes sous l’Ancien Régime.)