Archive for février, 2009

Dans cette vieille rue du Commerce, qui reliait jadis la place des Halles au port Ayrault, se trouve le magasin « Myrtille », gigantesque temple du tissu, où professionnels et particuliers peuvent trouver la pièce qu’ils recherchent dans le domaine de l’ameublement ou de la confection. Même sans cette motivation, la visite de ce magasin s’impose, ne serait-ce que pour admirer le spectacle des rayonnages colorés étalés dans un dédale surprenant ménagé dans ce qui était jadis un garage automobile (Mercedes je crois ?). Et la surprise vous attend, lorsqu’après avoir parcouru plusieurs salles, vous débouchez dans une halle lumineuse, dont la structure très légère est soutenue par une élégante structure de bois et de métal.

Une restauration récente met en valeur cette structure peinte en rouge.

Tout autour de la halle, court une galerie qui donne à cet espace le caractère d’une salle de spectacle.
Le personnel, questionné, n’hésite pas à vous dire qu’il s’agit là d’un ancien théâtre, assertion confortée par le journal municipal « Vivre à Angers » (1) qui n’hésite pas non plus à écrire: « Rue du Commerce, aller au fond du magasin de tissus Myrtille construit dans un ancien théâtre! « .
Malheureusement, il semble qu’il n’en est rien, et les chercheurs du Service du Patrimoine n’y voient qu’un exemple d’architecture industrielle du début du XXe siècle.
Le fait que ce théâtre soit contigu au théâtre des Halles, celui qui a fait l’objet de mon article « L’adieu au théâtre », a pu contribuer à entrenir la confusion.(2)

(1) Vivre à Angers – 2006 – Angers insolite
(2)Si les lecteurs de ce blog sont détenteurs d’autres renseignements, qu’ils n’hésitent pas à me les communiquer !

Ce fait divers, relevé dans l’édition du 28 juin 1910 du « Petit Courrier », nous rappelle l’existence de l’activité ardoisière d’un secteur d’Angers qui s’étendait de Saint-Serge à la route de Paris.
La mort tragique de cet enfant semble marquer la fin de cette longue histoire, puisque toutes traces de ces carrières seront effacées quelques années plus tard.
Pour tous ceux, qui, comme moi, aiment se promener dans les « vieux fonds » de Trélazé et Saint-Barthélemy, il est facile d’imaginer quel terrain de jeu devait offrir ce grand espace situé au contact du populeux faubourg Saint-Michel!
En ce début de siècle, la prison et les premières maisons de la toute nouvelle rue Terrien-Cocherel dominaient une pente (ou « butte du Pigeon ») faite de débris d’ardoises, résidus des tailles faites par les fendeurs, et parsemée de vestiges des installations d’exploitation; ces dernières, abandonnées déjà depuis près de 50 ans. Si ce territoire avait probablement été entouré d’une clôture, il y avait belle lurette que les enfants en avaient trouvé les failles!
Cette pente menait tout droit à ce qui restait de la grande carrière du Pigeon; laquelle, après avoir atteint une profondeur de 60 mètres, n’était plus qu’un trou boueux, abandonné des pêcheurs. La butte remontait ensuite, en direction de la route de Paris, vers des jardins et l’auberge de la « Porte de Paris », qui était peut-être encore en activité.
Le trou du Pigeon occupait donc l’espace délimité à notre époque par la rue Terrien-Cocherel, la rue Lardin de Musset, et l’avenue Pasteur. La photo suivante, prise depuis l’escalier de secours du foyer-logement Saint-Michel de la rue Lardin de Musset, montre ce qu’est devenu ce quartier, de nos jours, avant le démarrage de l’opération immobilière conduite dans le cadre de la « ZAC Terrien-Cocherel »

On aperçoit, dans la partie centrale, l’enfilade des maisons de la rue Terrien Cocherel, et sur la droite de cette rue, cet ilôt de friche industrielle qui s’étend jusqu’à l’avenue Pasteur toute proche. Les vues plongeantes écrasent les reliefs, mais si vous descendez de ce perchoir et que vous vous placez au carrefour Lardin de Musset-avenue Pasteur, vous aurez une meilleure perception de la dépression marquée de cette zone, bordée au sud par la hauteur sur laquelle s’est construit le faubourg Saint-Michel, et au nord, par la colline du quartier Lutin-Farfadets-Korrigans-Victor Hugo (à l’arrière-plan de la photo).
Le ruisseau de Jérusalem, maintenant canalisé, empruntait le fond de cette dépression.

Vous trouverez d’autres renseignements sur ces carrières et sur le destin programmé de ce quartier en cliquant ICI.

Mais avant de tourner cette page, écoutez l’abbé Pineau, futur curé de Saint-Antoine, au lendemain de la mort du petit Louis Chagnon:
« GRAND MALHEUR!
Mon enfant de choeur, Albert Chagnon (1), 19, chemin de Jerusalem, se noye par accident dans le trou du Pré-Pigeon, entre la rue de Paris et la rue Lardin de Musset. L’enfant avait douze ans; il était extrêmement doux, et d’une profonde piété.
On aurait pu espérer l’envoyer un jour au petit séminaire. Les desseins de Dieu sont impénétrables!!! Cet enfant, par son bon genre, avait gagné la sympathie de tout le quartier, même de ceux qui ne fréquentent pas l’église. « 

(1) Albert? Louis? Il s’agit bien du même enfant. On peut penser que le journaliste a fait l’erreur…

Petite pause sur le front des promenades historico-sentimentales.
Je vous propose, en ce dimanche de février assombri par une épaisse couverture nuageuse, deux images d’une belle soirée d’automne. Elles ont la particularité d’avoir été prises à deux minutes d’intervalle autour de la place Mitterand.
Vous reconnaîtrez l’immeuble moderne que je vous avais déjà proposé dans les premières pages de ce blog et je confirme donc ce que j’en avais dit: Une structure qui sait se marier avec la lumière, le ciel, toutes les lumières, tous les ciels.
L’autre image bénéficie du même rayon de soleil et le restitue d’une autre façon.
La partition est la même, mais les instruments qui la jouent en font une interprétation différente. Tout est question de vibrations…

Je vous invite à revenir sur l’article L’adieu au théâtre

Pour y admirer une photographie de la salle de la Comédie, prise par Monsieur Christophe de Guisti avant la disparition de la charpente de l’ancien jeu de paume – théâtre.

Faites également un détour sur l’article L’église Saint-Antoine, où vous découvrirez une vue surprenante et inhabituelle de l’église, prise du dernier étage de la maison de retraite de la rue Lardin de Musset.

J’en profite pour remercier ici toutes les personnes qui m’ont aidé et m’aideront à recueillir les informations nécessaires à la rédaction et à l’enrichissement de mes articles.