Archive for mars, 2009

Sous le radieux soleil de cette soirée du 24 mars 2009, j’ai pu constater l’effet dévastateur de l’arrivée du printemps sur notre ville: (1)

Des archéologues cherchent encore désespérément des tombes sous la place du Ralliement et emploient les grands moyens sans se soucier des dégats causés à l’environnement !

L’Evêché vient de décider unilatéralement de recouvrir entièrement la cathédrale d’un placage de bois afin de protéger les sculptures des radiations solaires, compromettant ainsi gravement la saison touristique!

Le service des jardins et plantations de la ville d’Angers a remplacé tous les arbres du Boulevard Foch par de surprenants arbres d’origine tropicale dont l’écorce serait particulièrement adaptée aux grandes chaleurs, mais dont l’esthétique ne semble pas appréciée des angevins !

Enfin, la police serait intervenue au château pour maîtriser les personnels du chantier de restauration du logis royal ! Ces derniers venaient en effet de lancer vers le ciel une incroyable architecture, follement, admirablement aérienne, mais incohérente et sans aucun rapport avec la teneur du cahier des charges de l’Administration !

(1) Les observations que j’ai pu faire aujourd’hui, ainsi que les conclusions et jugements que j’en ai tirés un peu hâtivement pour la rédaction de cet article, sont naturellement à vérifier afin d’éviter de porter atteinte injustement à la réputation et l’honneur des Notables et personnels qui oeuvrent pour le plus grand bien de notre cité !

Un grand sequoia du Jardin des Plantes vient d’être abattu.
Beaucoup de promeneurs se sont arrêtés devant l’énorme masse gisant sur le gazon, et les commentaires allaient bon train:
– Etait-il malade ?
– Je ne vois pas de traces de maladie !
– Quelle tristesse, un si bel arbre!

Une dame a compté patiemment sur la souche les strates mises en évidence par la scie:
– Il y en a plus de 100, 120 peut-être !
La belle et surprenante chair rouge laissait à penser qu’il s’agissait d’un sequoia « redwood », mais j’ai lu aussi que le sequoia géant avait, lui aussi un bois rougeâtre !(1)

Le lendemain, deux jeunes jardiniers interrogés m’apprennent que l’arbre, âgé d’environ 130 ans, était victime d’un champignon qui le fragilisait… Et pour me consoler, m’informent qu’un autre sequoia, tout jeune celui-là, est en train de pousser dans le jardin !

Alors je vous indique comment le trouver: Tournez le dos au lac, face à l’entrée et sa rotonde; regardez sur votre gauche…
Il ressemble à un petit sapin large et bien fourni, discrètement implanté dans un massif; hauteur environ deux mètres…

Non, vous ne vous trompez pas, le petit panneau d’identification placé à sa base indique fièrement: « Sequoiadendron giganteum »!(1)
Soyez patients… Revenez dans 130 ans!

(1) Je viens d’apprendre qu’il existe deux types de sequoias: le sequoia géant, ou sequoiadendron giganteum (le bébé du jardin des plantes) et le sequoia redwood ou sequoia sempervirens ou séquoia à feuilles d’if ou séquoia toujours vert.

La découverte du lanternon de la rue de l’Aubrière (voir article précédent !) m’incite à aller plus loin dans la découverte de ces sympathiques édifices qui coiffent certains de nos monuments !
Mais d’abord un rappel… Pour notre culture générale:
Wikipedia nous donne la définition suivante: « …Une petite lanterne, ou lanternon (ou lanterneau! ) est une tourelle ajourée, souvent garnie de colonnettes, surmontant un dôme éclairant un édifice par le haut. »
Le dictionnaire « Encarta » nous donne: « en architecture, petite tourelle percée d’ouvertures laissant pénétrer la lumière au sommet d’un dôme « . Et:  » en construction, ouverture généralement vitrée facilitant la pénétration de la lumière par un toit ou au-dessus d’un escalier. »
La fonction « éclairage » du lanternon est donc confirmée.
Dans ma chasse au lanternon, seuls celui de la rue de l’Aubrière et celui de la chapelle de la prison (Eh oui !) satisfont à ce critère.


Lanternon de la prison d’Angers (1853)

L’édifice qui coiffe le théâtre de la place du Ralliment, peut-il être classé dans cette catégorie ? J’en doute, étant donné l’existence de ces volets qui font résolument écran à tout rayonnement solaire !


Lanternon (?) du théâtre (1871)

Restent dans mon panier les lanternons qui coiffent les édifices majeurs que sont le beffroi de la cathédrale et le clocher de l’église de la Trinité. Les deux sont l’oeuvre de Jean Delespine (entre 1534 et 1540). J’avoue ma préférence pour celui de la Trinité, d’une grande élégance, et que nous pouvons redécouvrir après une magnifique restauration !
Il est cependant évident que la recherche de l’élégance dans ce type d’architecture de la Renaissance a relégué la fonction éclairage à une portion congrue !


Lanternon du beffroi de la cathédrale


Lanternon de l’église de la Trinité

N’hésitez pas à me signaler d’autres exemples de lanternons, je pourrai ainsi compléter utilement cet article !

Encore un théâtre ! Me direz-vous…
Je m’en explique: Il y a environ trois mois, pendant une de mes rares tentatives de classement de mes vieux clichés noir et blanc, je suis tombé en arrêt devant cette image, datée des années 70, où l’on découvre ce qui ressemble fort à un théâtre miniature, modeste imitation de l’ancien cirque-théâtre de la place Molière (1) et peut-être même de ce théâtre Auber de la rue Saint-Martin dont la courte existence est relatée dans la revue des Amis des Archives.(2)
Après quelques recherches (car j’avais tout oublié des circonstances de cette prise de vue !) j’ai retrouvé ce petit édifice grâce à l’altitude de son lanternon caractéristique que l’on peut apercevoir au-dessus d’un mur de schiste au bas de la rue de l’Aubrière.

La partie basse est maintenant cachée par un préau sans âme, au fond d’une cour asphaltée utilisée comme terrain de sport par le collège Saint-Martin tout proche.

Là encore, la vue prise par satellite de Google Earth nous permet de dégager son plan général: La salle octogonale et l’appendice de l’espace scénique (voir le cirque-théâtre), le tout au contact des locaux du Cercle Notre-Dame (boule de fort). On distingue en haut et à gauche le bâtiment à tourelles du presbytère de l’église Notre-Dame.
Grâce à l’amabilité des dirigeants du Cercle Notre-Dame, que je remercie vivement, j’ai pu effectuer avec eux une visite de ce qui fut (je me le suis fait confirmer) un théâtre paroissial, et je vous en fait profiter !

Sous le préau, le mur du théâtre est resté intact. L’écusson sculpté dans les pierres de tuffeau est toujours là ! On peut y lire, autour de l’écu central aux armes de la paroisse, l’inscription « Aimez-vous les uns les autres » ainsi que la date: 1895. En l’absence totale d’archives paroissiales le concernant (3), il est donc possible de dire que la construction de ce théâtre a précédé d’environ 9 ans ans la construction de l’église actuelle.

La porte franchie, on pénètre dans la salle qui l’on imaginait moins grande. Elle est actuellement utilisée comme salle de tennis de table par le collège Saint-Martin. On aperçoit au fond l’espace jadis occupé par la scène.
Cette salle ne présente pas d’intérêt particulier, mais l’attention est immédiatement attirée par le magnifique puits de lumière du lanternon, véritable bijou mis en valeur par une restauration récente, et qui remplit parfaitement sa fonction de source naturelle d’éclairage

L’ensemble constitué par ce magistral prisme de lumière et ses frêles colonnettes reposant sur les deux poutres principales est d’une élégance extrême.

On remarquera que la base de l’octogone s’inscrit dans un cadre de forme carrée, et les quatre triangles qui viennent compléter ce carré portent des peintures représentant des instruments de musique. Ils seraient, d’après mes guides, les seuls témoins du décor d’origine.

Si je devais trouver une justification à l’existence de ce blog, je prendrais comme exemple la possibilité qui m’a été donnée d’extraire ce petit lieu magique de son discret anonymat. J’espère donc faire d’autres découvertes de ce genre, avec l’aide attendue de mes lecteurs!

(1)Voir ICI la chronique historique de Sylvain Bertoldi
(2) Revue « Archives d’Anjou » N°10 – 2006 – page 94… Et comme j’aime bien faire de la publicité gratuite lorsque cette dernière est justifiée, je tiens à remercier le magasin « Hyper U » de Mûrs-Erigné qui met régulièrement et courageusement en rayon ( Régionalisme) les différents exemplaires de cette revue.
(3) Le Chanoine Antoine Ruais (Ancien conservateur des objets d’’art et d’’antiquité du Maine-et-Loire) vient de me le confirmer. Une recherche aux archives de l’Evêché pourra peut-être apporter ultérieurement quelques précisions sur l’origine et l’utilisation de ce théâtre.