Il ne s’agit plus ici d’une discrète impasse mais d’un monument majeur de notre cité, dont la masse imposante, à l’ombre de la cathédrale, ne peut échapper aux regards des passants arpentant les rues qui convergent vers la cathédrale : rue Saint-Laud, rue de l’Oisellerie, rue Baudrière…

Je vais donc déroger à la règle que je m’impose habituellement… Mais prudemment !
Je ne suis ni historien, ni architecte, ni archéologue ! Je me contenterai donc de vous transmettre ce que j’ai découvert en essayant de m’approcher de ce lieu familier mais méconnu, imposant mais étonnamment discret.

« étonnamment discret » …
L’Angevin curieux de se documenter sur l’histoire ou la description du palais épiscopal tombe inévitablement sur l’important ouvrage de Louis de Farcy «  Histoire et description du palais épiscopal d’Angers » – Angers – 1903, ( ce remarquable ouvrage se lit comme un roman ! Il est épuisé mais consultable aux archives municipales ou à la bibliothèque municipale). L’archéologue François Comte m’a signalé également l’article (3) paru dans la revue « 303″ en 2001 (n° 70, Les cathédrales des Pays de la Loire) sous la plume de Dominique Letellier et Olivier Biguet du service de l’Inventaire du patrimoine. A côté de ces écrits, trop exhaustifs ou trop spécialisés, il n’existe aucune publication à destination du public et des touristes (1)
Il serait pourtant facile d’éditer un fascicule illustré de quelques pages avec une version accessible sur Internet… J’espère que cette suggestion sera entendue par les responsables du tourisme à Angers !!!

« méconnu »…
Si l’on excepte les visites organisées une fois l’an à l’occasion des Journées du Patrimoine, mais qui ne touchent que quelques centaines de personnes, le palais épiscopal ne se visite pas ! Et cela mérite quelques explications qui m’ont été aimablement fournies par Dominique Latron, chef du Service départemental de l’architecture et du patrimoine du Maine-et-Loire :
- Le siège de l’évêché a quitté le palais en 1905, mais il bénéficie cependant d’un bail (2) signé avec l’ Etat (propriétaire des lieux) lui permettant d’utiliser les lieux avec obligation d’en assumer les charges. Ce bail prendra fin en 2027.
- Si certains travaux de restauration ont été pris en charge par l’administration (tour d’angle, tourelle d’escalier dans la cour intérieure), on peut facilement imaginer que la restauration intérieure et la mise à niveau pour le respect des normes de sécurité engageraient des budgets très importants.

On imagine l’intérêt que la ville pourrait trouver à voir un jour cet immense monument ouvert en permanence au public, au cœur de la ville, pour les visites et pour des manifestations culturelles, mais à l’heure actuelle, aucun projet d’un futur du palais épiscopal n’a été esquissé.

————————————oOo————————————

Je vous invite, en cliquant
ICI
à suivre quelques traces bien incomplètes des émotions que j’ai éprouvées
en pénétrant dans ce lieu impressionnant et désert
en plein centre-ville,
à deux pas de l’agitation du parvis de « Fleur d’eau ».
Ce lieu témoin d’une immense histoire
et de bouleversements incroyables subis en huit siècles d’existence

————— oOo —————

Je remercie Dominique Latron qui m’a autorisé à publier les photos prises lors de mes visites, tous les personnels des archives municipales qui me donnent accès à d’incroyables documents et surtout Pierre Pineau, habitant et amoureux du palais, pour m’avoir guidé dans ces dédales de salles, d’escaliers, de couloirs et jusqu’aux sombres prisons cachées sous des jardins improbables et abandonnés.

——————————————————————————————

(1) Quelques lignes sur le palais épiscopal figurent sur le dépliant « Laissez-vous conter la cathédrale Saint-Maurice » disponible à l’office de tourisme.
(2) Le palais épiscopal n’est pas l’unique objet de ce bail qui porte entre autres sur le transfert des tapisseries de l’Apocalypse…
(3) Bibliothèque municipale cote : Anjou-726-6-CAT