Le « Courrier de l’Ouest » du 28 janvier évoque les réflexions de la municipalité sur le devenir de cette manifestation.
J’en profite pour ajouter mon grain de sel !.. et de poivre !


Accroche-Coeurs 2001

J’ai adoré les premières éditions. Elles étaient encore pleines de fraîcheur; et à l’approche du crépuscule, acteurs, musiciens, bateleurs envahissaient la rue et l’animaient jusqu’à une heure avancée de la nuit!

Accroche-Coeurs 2002

La rue était l’espace principal des spectacles et je me souviens encore de ces acteurs de théâtre qui jouaient et se déplaçaient en même temps et de cette foule acquise qui courait derrière eux pour connaître la suite de l’histoire. Il y avait des flammes, des constructions éphémères parmi lesquelles nous pouvions évoluer!

Accroche-Coeurs 2002

J’ai gardé le souvenir du spectacle poétique qu’offraient ces musiciens jouant de leur violons et violoncelles en volant au-dessus des platanes de la place La Rochefoucault.


Accroche-Coeurs 2001

Depuis trois ans, il ne se passe presque rien dans les rues envahies par une foule, pourtant très dense, déçue de ne pouvoir y rencontrer les spectacles exilés dans les petits espaces qui leur sont réservés et qui ne peuvent accueillir tous ceux qui veulent y assister.
Que dire aussi des difficultés insurmontables que rencontrent les personnes âgées qui ne peuvent assister aux spectacles où l’on doit s’asseoir sur le sol une heure à l’avance!


Accroche-Coeurs 2003

La fête doit reconquérir la rue! Bouger!! Apporter du rêve! Comme le fait cette petite géante dans les rues de Nantes!


Royal de Luxe – Nantes

Je ne sais si les budgets alloués sont en cause… Je ne sais s’il faut accuser « Jo Bithume »! Mais donner parfois les cartes à d’autres concepteurs serait, à mon avis, vivifiant.
Encore une suggestion: La ville, si bien dotée en parcs et jardins, devrait enfin offrir un ou plusieurs théâtres de verdure à gradins, utilisables toute l’année, pour y accueillir plus confortablement les spectateurs… Pourquoi ne pas commencer par le parc Balzac qui a fort bien réussi l’espace « Dunes et vagues vertes » et qui est proche du centre ville.

Ce n’est que la page d’accueil d’un article exceptionnellement long!
Je ne serai pas coutumier du fait, car un blog n’est pas conçu pour s’étaler ainsi sur un sujet… Je dois vous en donner la raison:
Elle aura bientôt 100 ans!
C’est l’église la plus cachée, la plus discrète et probablement la plus mystérieuse de notre ville. Malgré sa masse imposante d’ église du Nord (1), elle ne se découvre que furtivement entre les immeubles modernes qui l’entourent lorsqu’on parcourt les rues adjacentes, et même son étrange et terrible façade peut passer inaperçue depuis la rue Béranger, à l’arrière-plan d’un parvis arboré.
Il faut grimper les six étages d’un immeuble voisin, pour la voir apparaître « en majesté », avec ses belles alternances de pierres sombres et blanches et l’imposante cohorte de ses arcs-boutants.

Depuis longtemps j’avais envie d’en savoir plus sur l’origine de cette église et des circonstances qui l’ont privée de sa nef, remplacée par cette triste prothèse qui ferme le transept.
Puis enfin, mu par cette curiosité, je suis allé frapper à la porte du presbytère tout proche.
C’était il y a plus d’un mois… Depuis lors, j’ai fait deux rencontres:
Celle d’un diacre de cette paroisse, qui m’a aussitôt accordé sa confiance et son amitié. Avec lui nous avons parcouru les archives de la paroisse et son aide m’a été précieuse tout au long de mes recherches.
Puis celle de Léon Pineau, premier curé de Saint-Antoine, mort en 1930. La lecture du journal de ce prêtre ne nous a pas laissés indemnes… Une plongée inattendue, terriblement émouvante, dans la vie d’un prêtre pendant la courte période de 5 ans qui a couvert la construction et les premiers mois d’existence de l’église.

Je suis un catholique, non pratiquant, dont la foi s’est diluée au cours des ans. Mais j’ai gardé un profond respect pour ces hommes et ces femmes que la foi anime. J’ai trouvé dans les lignes soigneusement calligraphiées de l’abbé Pineau, une humanité tellement forte et réelle, que ma quête de la vérité sur le sens de cette lourde masse de pierre s’en est trouvé recentrée et justifiée.
Un blog est un espace peu adapté pour accueillir ne serait-ce qu’une partie de ce que j’ai appris sur la naissance de l’église Saint-Antoine. Mais cela me contraindra à la sobriété et à renvoyer souvent le lecteur sur la consultation des archives.

Enfin, je n’oublie pas que Saint-Antoine ne se réduit pas à une église, mais intègre toute une communauté de prêtres, laïcs et fidèles qui la font vivre depuis 1911 (2). J’espère donc que les faits rapportés et les réflexions personnelles que je publierai ici ne seront jamais de nature à offusquer cette communauté ou à troubler l’esprit qui l’anime.

Genèse et Réalisation de l’eglise Saint-Antoine… Cliquez ICI

(1) C’est ainsi que la décrit l’Atlas du Patrimoine
(2) Il est important de préciser que désormais Saint-Serge, Saint-Antoine et N.D. de la Miséricorde forment une seule et même paroisse sous la dénomination « Paroisse Saint-Antoine – Saint-Serge ».

Avec l’aimable permission de Monsieur Christophe de Guisti propriétaire du lieu, je suis allé, le 15 janvier 2009, en piétinant dans la boue, prendre quelques photos de ces murs de tuffeau meurtris par les siècles. Ils venaient de perdre la protection de leur toiture, en attendant de disparaître totalement pour laisser place à projet immobilier. Mais quelques jours plus tard, Monsieur de Guisti me confiait une série de belles photographies prises avant la disparition de la charpente, et je l’en remercie vivement!

Nous sommes au coeur de l’ancien quartier des halles, au bas de la place du même nom (Maintenant place Imbach), entre la rue du Commerce et le boulevard Carnot.

Il est difficile d’imaginer que ces murs ont accueilli, depuis le XVIe siècle, le jeu de paume dit « Le grand jeu des halles », puis, à partir de 1763, la « Salle de la Comédie », haut-lieu de l’activité théâtrale de notre ville jusqu’en 1825, année de l’inauguration du premier théâtre de la place du Ralliement.
Comme aujourd’hui, on y accédait par le fond de l’ Impasse de la Comédie (1).


La salle avant disparition de la charpente

L’historien Péan de la Tuilerie, vers 1778, écrivit: « … C’est une des salles de province très agréable et fort commode; elle a été peinte par le célèbre Dubois; le plafond en est superbe. » et dans ses « Chroniques historiques » (2), Sylvain Bertoldi nous conte ce que furent les plus brillantes heures de ce théâtre, mais aussi son lamentable état au début du XIXe siècle!

Le ciel était gris, l’air froid et humide, mais seul dans cet espace qui allait mourir définitivement, je croyais voir passer avec émotion des fantômes merveilleusement costumés…


l’entrée au fond de l’impasse de la Comédie

Si vous désirez en savoir un peu plus… Cliquez ICI

Important:
Pour la rédaction de cet article, j’ai emprunté une part infime du remarquable travail réalisé par l’équipe qui oeuvre au sein du service de l’ « Inventaire général du Patrimoine » . Ce service a déjà publié une base de données pour Angers « extra-muros » et est sur le point de le faire pour l’ensemble, bien plus important, du patrimoine d’ Angers « intra-muros ». Souhaitons que la municipalité comprenne l’intérêt de cette publication pour tous les amoureux de notre ville!

(1) Vous ne saviez pas que cette courte impasse, située au bas et à droite de la place Imbach, portait ce nom. Comme vous ne saviez pas que l’impasse située 50 mètres plus haut, portait le nom de l’Impasse Louet ! La municipalité ne faisant guère d’effort pour garder apparent le nom de ces vieilles ruelles!
(2) « La vie théâtrale à Angers – Acte I » (Vivre à Angers – octobre 1996)

Allons… Oui, ce sont des images tristes, d’autant plus tristes que le ciel, cet après-midi était en deuil! Mais c’est moins grave que l’incendie de la grande bibliothèque d’Alexandrie! Et nous avons des ouvriers qui sauront reconstituer à l’identique la charpente et la couverture!

D’autres incendies ont marqué durement l’histoire de notre ville: Celui du théâtre dans la nuit du 3 au 4 décembre 1865, du Palais des Marchands (sur le site du « Fleur d’Eau » actuel) en 1936, d’un clocher de la cathédrale en 1831, et plus près de nous, celui du Palais de Justice en 1979.
Cet évènement nous rappelle que la protection, au fil des siècles, de ces ouvrages faits de matériaux hautement inflammables relève du prodige et nécessite une attention qui ne tolère pas la moindre défaillance.
Mais alors, pourquoi un monument « Patrimoine de l’Humanité » n’est-il pas mieux protégé par des alarmes qui détectent les premières fumées ?… On nous assène continuellement que ces alarmes ne coûtent pas cher et doivent équiper tous nos appartements ! Attendons les résultats de l’enquête!

« 

Ah! Ah!… Vous ne la connaissiez pas celle-là! Et pourtant, en cherchant fébrilement des idées pour vos derniers cadeaux, vous êtes peut-être passés plusieurs fois devant son entrée au 4 de la rue Saint-Laud.

Un portail en ferme l’entrée et son autre extrémité sur la rue Bodinier est également fermée par une grille… Alors comment définir une impasse ouverte aux deux extrémités et condamnée aux deux extrémités? Je vous laisse chercher!
L’impasse est repérable sur les anciens plans ou cadastres d’Angers mais semble avoir été définitivement oubliée au XXe siècle. Simple couloir livré aux courants d’air, son nom ne figure plus nulle part, ni sur les murs, ni sur les plans récents.

Impasse… Elle le fut vraiment jusqu’à la percée de la rue Bodinier à la fin des années 1860, qui, en rasant quelques immeubles contigus, lui offrit un deuxième accès.
En l’examinant depuis cette rue Bodinier (baptisée au début « Rue des Poëliers prolongée »),on constate une dénivellation importante entre sa chaussée, encore pittoresquement pavée, et le niveau de la rue. (Voir photo ci-dessus)
Les archives de la ville (*) nous offrent une savoureuse correspondance datée de 1872, entre une dame B… propriétaire dans l’impasse de Bade (**), et les services de la mairie. Madame B… souhaitait se faire installer, aux frais de la municipalité, un escalier en marches de granit pour franchir la dénivellée. Un expert mandaté soutenait alors que l’ouverture récente de l’impasse, autrefois « sans air et sans lumière », apportait à la propriété de Madame B… une plus value certaine, et qu’elle pouvait donc se contenter de marches en bois.
Ce lieu avait auparavant fait l’objet de réclamations de la part des propriétaires qui signalaient dès 1851 « …Des pavés mal joints dans lesquels les eaux ménagères se répandent, séjournent et exhalent des odeurs fétides et nuisibles à la santé… »

(*) Cote: 1O554
(**) Si vous connaissez l’origine de ce nom, merci de me la faire connaître !

… Et un grand merci à tous ceux qui visitent ces pages et m’encouragent à continuer!
J’ai un monceau de sujets en réserve ou en préparation! A bientôt !

Si vous honorez ce blog de visites régulières, vous découvrirez vite que je porte une affection particulière pour ce quartier et son histoire, et ceci pour diverses raisons:
– Je parcours le boulevard Saint-Michel tous les jours, soit pour gagner le centre-ville, soit tout simplement pour acheter le bon pain croustillant de la Boulangerie des Plantes et mon quotidien habituel.
– J’y croise une population attachante par sa diversité, des groupes de retraités en grande discussion, des femmes de couleur aux vêtements éclatants et leurs beaux enfants soigneusement coiffés, et, malheureusement, beaucoup de SDF…
– Je m’intéresse à l’histoire de ce faubourg, et à celle de ses habitants, depuis ses origines en passant par l’épisode des « Perreyeux » employés dans les carrières voisines du Pigeon ou de Bouillou, et celui de l’ère « Bessonneau ».

Il ne reste guère de traces de l’ancien faubourg depuis la démolition de la totalité de cet ilôt misérable et insalubre dans les années 60, qui ont vu également la disparition des quartiers Saint-Sanson, Saint-Nicolas, Port-Ligny et République.

Tous les Angevins devraient aller voir la remarquable exposition de la salle Chemellier consacrée au centenaire du bureau municipal d’hygiène (2). Une iconographie remarquable permet de se faire une idée de l’état de ces quartiers avant le passage des engins de chantiers.
On ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine amertume en songeant que l’on raye aussi facilement, brutalement et définitivement les témoins du cadre de vie d’une population pauvre et laborieuse alors que l’on consacre d’importants budgets à la sauvegarde des témoins de la vie seigneuriale, bourgeoise et religieuse.
On peut concevoir qu’il était financièrement impossible de rénover et d’assainir de tels ilôts qui faisaient depuis longtemps la honte de notre ville! Mais je suis persuadé qu’il aurait été possible de conserver des secteurs témoins de cet habitat et de la vie sociale qu’ils abritaient! La vie troglodytique de nos campagnes a été mieux traitée !
Il ne reste que des cartes postales comme celle que vous voyez ci-dessus (que l’on peut dater approximativement, puisque le tram a gagné le boulevard Saint-Michel en 1896), où l’on montre invariablement la voie principale, car on occulte volontairement la misère des nombreuses « cours » intérieures, où les angevins craignaient de s’aventurer.
Les deux images qui suivent, prises dans les années 1950 et issues d’une mauvaise photocopie, illustrent bien mieux mon propos. J’aimerais trouver d’autres images tout aussi simples et émouvantes, mais elles sont si rares!(1)
Mon nouvel ami Yves Raimbault, diacre de Saint-Antoine, qui a connu le vieux Saint-Michel, m’en donne une terrible raison: « … Les gens qui vivaient là avaient tellement honte de leur misère… »

(1) Je n’ai pas encore fait de recherche minutieuse auprès des archives photographiques de la ville. Mais il me sera probablement difficile d’obtenir l’autorisation de publier ici les documents que je pourrais y découvir! J’espère que les visiteurs de ce blog m’aideront à trouver d’autres témoignages personnels (textes ou photographies) du vieux faubourg Saint-Michel.
(2) Elle se termine le 11 janvier 2009.

Faire de la publicité sur ce blog? Jamais !
Mais je ne manquerai pas l’occasion de dire ce que je pense de certains commerces angevins!
Aujourd’hui je suis entré avec ma femme dans cette nouvelle boutique au 3 de la rue Saint Aubin. Elle s’appelle « La Petite Marchande » mais curieusement, vous y êtes accueilli par un grand gaillard sympathique dont la conversation vous retient sans aucune insistance lourdement commerciale.
Tout ici est charme simple et de bon goût dans un savant désordre et une lumière tout aussi savante.
En sortant, en cette soirée d’un dimanche froid et humide, nous avions l’impression d’avoir gardé un peu de cette lumière.

(Photos prises avec l’aimable autorisation du commerçant)

La lumière au bout d’un tunnel est toujours magique.
Il en est de même lorsqu’apparaît, au bout de l’ombre d’une rue ou d’une étroite venelle, un éclat de ville, comme isolé de son contexte habituel, mis en valeur par une lumière qui semble lui appartenir. Les lignes sont resserrées, concentrées, réunissant les époques dans l’évidence d’une seule et belle vérité urbaine. La ville livre alors à son lecteur attentif une parcelle de ses secrets.

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