Ah! Ah!… Vous ne la connaissiez pas celle-là! Et pourtant, en cherchant fébrilement des idées pour vos derniers cadeaux, vous êtes peut-être passés plusieurs fois devant son entrée au 4 de la rue Saint-Laud.

Un portail en ferme l’entrée et son autre extrémité sur la rue Bodinier est également fermée par une grille… Alors comment définir une impasse ouverte aux deux extrémités et condamnée aux deux extrémités? Je vous laisse chercher!
L’impasse est repérable sur les anciens plans ou cadastres d’Angers mais semble avoir été définitivement oubliée au XXe siècle. Simple couloir livré aux courants d’air, son nom ne figure plus nulle part, ni sur les murs, ni sur les plans récents.

Impasse… Elle le fut vraiment jusqu’à la percée de la rue Bodinier à la fin des années 1860, qui, en rasant quelques immeubles contigus, lui offrit un deuxième accès.
En l’examinant depuis cette rue Bodinier (baptisée au début « Rue des Poëliers prolongée »),on constate une dénivellation importante entre sa chaussée, encore pittoresquement pavée, et le niveau de la rue. (Voir photo ci-dessus)
Les archives de la ville (*) nous offrent une savoureuse correspondance datée de 1872, entre une dame B… propriétaire dans l’impasse de Bade (**), et les services de la mairie. Madame B… souhaitait se faire installer, aux frais de la municipalité, un escalier en marches de granit pour franchir la dénivellée. Un expert mandaté soutenait alors que l’ouverture récente de l’impasse, autrefois « sans air et sans lumière », apportait à la propriété de Madame B… une plus value certaine, et qu’elle pouvait donc se contenter de marches en bois.
Ce lieu avait auparavant fait l’objet de réclamations de la part des propriétaires qui signalaient dès 1851 « …Des pavés mal joints dans lesquels les eaux ménagères se répandent, séjournent et exhalent des odeurs fétides et nuisibles à la santé… »

(*) Cote: 1O554
(**) Si vous connaissez l’origine de ce nom, merci de me la faire connaître !