Même s’il est intéressé par ce curieux couloir qui s’ouvre au 48 de la rue Saint-Laud, le passant n’est guère enclin à s’y engager! Certes, la lumière du jour vient éclairer le fond de l’impasse auquel il donne accès, mais l’étroitesse du passage évoque la description des coupe-gorges de certains romans de Fantomas.

En descendre la légère pente, qui a bénéficié d’un pavage récent avec rigole centrale, nous fait pénétrer aussitôt dans le calme habituel de ces lieux qui conservent la mémoire de ce vieux quartier. Des ouvertures murées alternent avec des portes en bois, la plupart surmontées d’arcs de pierre de tuffeau. La base d’un mur, monstrueusement enflée, semble prête à crever et à répandre son contenu innommable!

Malgré l’atroce injure des installations électiques « volantes » et des tuyauteries d’écoulement des eaux, un charme subsiste ici, indéfinissable. Au-dessus de nous, un morceau de ciel parvient à éclairer quelques fenêtres ouvertes sur un espace que les évolutions architecturales de la rue Saint Laud ont épargné.

(Le dictionnaire des rues de la ville d’Angers nous apprend que le terme de « Peronnelles » désignait les prostituées qui vendaient ici leurs charmes sous l’Ancien Régime.)