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La découverte du lanternon de la rue de l’Aubrière (voir article précédent !) m’incite à aller plus loin dans la découverte de ces sympathiques édifices qui coiffent certains de nos monuments !
Mais d’abord un rappel… Pour notre culture générale:
Wikipedia nous donne la définition suivante: « …Une petite lanterne, ou lanternon (ou lanterneau! ) est une tourelle ajourée, souvent garnie de colonnettes, surmontant un dôme éclairant un édifice par le haut. »
Le dictionnaire « Encarta » nous donne: « en architecture, petite tourelle percée d’ouvertures laissant pénétrer la lumière au sommet d’un dôme « . Et:  » en construction, ouverture généralement vitrée facilitant la pénétration de la lumière par un toit ou au-dessus d’un escalier. »
La fonction « éclairage » du lanternon est donc confirmée.
Dans ma chasse au lanternon, seuls celui de la rue de l’Aubrière et celui de la chapelle de la prison (Eh oui !) satisfont à ce critère.


Lanternon de la prison d’Angers (1853)

L’édifice qui coiffe le théâtre de la place du Ralliment, peut-il être classé dans cette catégorie ? J’en doute, étant donné l’existence de ces volets qui font résolument écran à tout rayonnement solaire !


Lanternon (?) du théâtre (1871)

Restent dans mon panier les lanternons qui coiffent les édifices majeurs que sont le beffroi de la cathédrale et le clocher de l’église de la Trinité. Les deux sont l’oeuvre de Jean Delespine (entre 1534 et 1540). J’avoue ma préférence pour celui de la Trinité, d’une grande élégance, et que nous pouvons redécouvrir après une magnifique restauration !
Il est cependant évident que la recherche de l’élégance dans ce type d’architecture de la Renaissance a relégué la fonction éclairage à une portion congrue !


Lanternon du beffroi de la cathédrale


Lanternon de l’église de la Trinité

N’hésitez pas à me signaler d’autres exemples de lanternons, je pourrai ainsi compléter utilement cet article !

Encore un théâtre ! Me direz-vous…
Je m’en explique: Il y a environ trois mois, pendant une de mes rares tentatives de classement de mes vieux clichés noir et blanc, je suis tombé en arrêt devant cette image, datée des années 70, où l’on découvre ce qui ressemble fort à un théâtre miniature, modeste imitation de l’ancien cirque-théâtre de la place Molière (1) et peut-être même de ce théâtre Auber de la rue Saint-Martin dont la courte existence est relatée dans la revue des Amis des Archives.(2)
Après quelques recherches (car j’avais tout oublié des circonstances de cette prise de vue !) j’ai retrouvé ce petit édifice grâce à l’altitude de son lanternon caractéristique que l’on peut apercevoir au-dessus d’un mur de schiste au bas de la rue de l’Aubrière.

La partie basse est maintenant cachée par un préau sans âme, au fond d’une cour asphaltée utilisée comme terrain de sport par le collège Saint-Martin tout proche.

Là encore, la vue prise par satellite de Google Earth nous permet de dégager son plan général: La salle octogonale et l’appendice de l’espace scénique (voir le cirque-théâtre), le tout au contact des locaux du Cercle Notre-Dame (boule de fort). On distingue en haut et à gauche le bâtiment à tourelles du presbytère de l’église Notre-Dame.
Grâce à l’amabilité des dirigeants du Cercle Notre-Dame, que je remercie vivement, j’ai pu effectuer avec eux une visite de ce qui fut (je me le suis fait confirmer) un théâtre paroissial, et je vous en fait profiter !

Sous le préau, le mur du théâtre est resté intact. L’écusson sculpté dans les pierres de tuffeau est toujours là ! On peut y lire, autour de l’écu central aux armes de la paroisse, l’inscription « Aimez-vous les uns les autres » ainsi que la date: 1895. En l’absence totale d’archives paroissiales le concernant (3), il est donc possible de dire que la construction de ce théâtre a précédé d’environ 9 ans ans la construction de l’église actuelle.

La porte franchie, on pénètre dans la salle qui l’on imaginait moins grande. Elle est actuellement utilisée comme salle de tennis de table par le collège Saint-Martin. On aperçoit au fond l’espace jadis occupé par la scène.
Cette salle ne présente pas d’intérêt particulier, mais l’attention est immédiatement attirée par le magnifique puits de lumière du lanternon, véritable bijou mis en valeur par une restauration récente, et qui remplit parfaitement sa fonction de source naturelle d’éclairage

L’ensemble constitué par ce magistral prisme de lumière et ses frêles colonnettes reposant sur les deux poutres principales est d’une élégance extrême.

On remarquera que la base de l’octogone s’inscrit dans un cadre de forme carrée, et les quatre triangles qui viennent compléter ce carré portent des peintures représentant des instruments de musique. Ils seraient, d’après mes guides, les seuls témoins du décor d’origine.

Si je devais trouver une justification à l’existence de ce blog, je prendrais comme exemple la possibilité qui m’a été donnée d’extraire ce petit lieu magique de son discret anonymat. J’espère donc faire d’autres découvertes de ce genre, avec l’aide attendue de mes lecteurs!

(1)Voir ICI la chronique historique de Sylvain Bertoldi
(2) Revue « Archives d’Anjou » N°10 – 2006 – page 94… Et comme j’aime bien faire de la publicité gratuite lorsque cette dernière est justifiée, je tiens à remercier le magasin « Hyper U » de Mûrs-Erigné qui met régulièrement et courageusement en rayon ( Régionalisme) les différents exemplaires de cette revue.
(3) Le Chanoine Antoine Ruais (Ancien conservateur des objets d’’art et d’’antiquité du Maine-et-Loire) vient de me le confirmer. Une recherche aux archives de l’Evêché pourra peut-être apporter ultérieurement quelques précisions sur l’origine et l’utilisation de ce théâtre.